Réaction de France Datacenter – feuille de route « numérique et environnement » du CNNum

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Dans sa « feuille de route sur l’environnement et le numérique » publiée le 8 juillet dernier, le Conseil National du Numérique (CNNum) expose 50 mesures pour un agenda national
et européen sur un numérique responsable, au service de la transition écologique et solidaire et des objectifs de développement durable.

La mesure 6 « Optimiser la consommation énergétique des data centers et réduire leurs impacts environnementaux » retient plus particulièrement l’attention de France Datacenter et du Gimelec sur le volet datacenter.

En tant qu’associations professionnelles fortes du nombre de leurs adhérents issus de l’ensemble du secteur du datacenter, socle du numérique durable, nous nous réjouissons d’avoir été consultées par le CNNum au cours de ses travaux, et d’avoir pu contribuer utilement aux réflexions visant à allier économie numérique et écologie à l’avenir. Nous saluons ainsi dans leur grande majorité les préconisations contenues dans la feuille de route qui a été diffusée.

Nous voudrions en particulier souligner l’intérêt, comme l’indique le CNNum, de reprendre et de finaliser les Engagements pour la croissance verte (ECV) pris par la filière du datacenter auprès du Ministère de la Transition écologique. La filière et le Ministère de la Transition écologique sont en pourparlers depuis plusieurs mois afin de faire aboutir un protocole commun qui permettrait à l’ensemble de la filière de poursuivre son engagement dans les économies d’énergie et dans la réduction des impacts environnementaux. Cet engagement volontaire s’appliquerait aux acteurs de la colocation mais également aux acteurs utilisateurs, permettant d’adapter la difficulté technique et le niveau d’investissement à la capacité financière de l’opérateur.

Dans ce domaine, notre filière jeune et porteuse d’innovation enregistre régulièrement des progrès. Depuis plus de 10 ans, ce travail a produit des résultats confirmés récemment par la revue scientifique Science : entre 2010 et 2018, alors même que le nombre de serveurs a augmenté de 550%, (du fait de l’explosion des usages), la consommation énergétique mondiale des datacenters n’a augmenté que de 6%, soit une amélioration annuelle de l’intensité énergétique de 20%[1]

De même, plus de 80% des projets de refroidissement des datacenters se font actuellement en free cooling, c’est-à-dire en utilisant des sources de froid gratuites (par exemple, l’air extérieur) qui permettent de refroidir les bâtiments sans utiliser d’eau ou de grosses armoires à froid mécanique.

Nous sommes également favorables à l’encouragement des projets de récupération des chaleurs fatales émises par les datacenters, avec des aides spécifiques, l’instauration d’un dialogue préalable avec les représentants des collectivités, et la réalisation d’études de faisabilité. Les éventuels blocages devraient être identifiés, la valorisation de la chaleur fatale étant une question complexe qui doit être approfondie.

Toutefois, nous voudrions apporter quelques précisions quant aux propositions mentionnant le Code of conduct européen. En effet, alors que nos organisations promeuvent fortement le Code of conduct européen auprès de leurs adhérents, nous rappelons que ce document constitue en réalité un recueil de bonnes pratiques et non un texte règlementaire qui peut juridiquement s’ « imposer » aux constructeurs. Il nous semblerait plus exact d’investir dans la promotion de ce Code, qui reste très faible (manque d’outils de promotion à jour) pour mieux valoriser et diffuser massivement ces bonnes pratiques. A ce jour, il n’existe pas de « label » Code of conduct.

Alors que depuis le début de la crise du Covid-19, le numérique a démontré jour après jour la résilience qu’il apporte à l’économie française, et alors qu’il devra constituer un volet fort du plan de relance, nous sommes convaincus qu’il jouera aussi un rôle majeur dans la réduction de notre impact sur l’environnement. Cette réduction est tout à fait compatible avec le développement des datacenters sur le territoire français. Pour cela, deux conditions sont nécessaires : capitaliser sur les bonnes pratiques déjà déployées par le secteur, et inscrire la stratégie française en la matière dans la continuité de celle de l’Europe.

A propos du GIMELEC 

Le GIMELEC est le référent de la filière électronumérique en France. Il fédère les entreprises concevant et déployant les technologies électriques et numériques pour le pilotage optimisé et sécurisé des énergies, des bâtiments, de l’industrie et des infrastructures du numérique.

Le GIMELEC, c’est 200 entreprises adhérentes générant 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires depuis la France et employant 67 000 personnes en France.

Contact : 

Joël VORMUS, Directeur des affaires publiques, jvormus@gimelec.fr, 06 12 73 63 00 

À propos de France Datacenter 

France Datacenter est l’association de référence des acteurs de l’écosystème des datacenters en France. Elle représente et assure la promotion de la filière comme socle de la performance et de la fiabilité de l’économie numérique. L’association est aujourd’hui constituée d’une centaine de sociétés qui conçoivent, construisent et exploitent les datacenters. Acteur naturel de la réflexion sur les enjeux des industries numériques, France Datacenter favorise la formalisation des savoirs, le développement des compétences et l’adoption des meilleures pratiques par les professionnels, afin d’améliorer la compétitivité de la filière française face à ses concurrents européens.


[1] https://science.sciencemag.org/content/367/6481/984.full